Feema avait un regard très particulier. Lorsqu'elle vous regardait, vous ne pouviez plus décrocher vos yeux des siens, ni même cligner de peur qu'elle ne s'envole à la seconde.

Quand elle vous parlait, vous aviez l'impression que vous étiez la personne la plus importante au monde et qu'elle était là pour vous, uniquement pour vous. Vous voyez ce que je veux dire ?

Ce qui me surprenait le plus chez elle était la qualité de son silence. Plutôt devrais-je dire la pureté de sa respiration et de sa présence. À côté d'elle, mon souffle s'amplifiait, mes mains se déliaient et ma poitrine s'ouvrait. J'avais tout le temps envie de sourire...

Au moment où elle tournait la tête, je lui demandais :

" À quoi penses-tu ? "

Sans bouger d'un cil, elle me répondit d'une voix chaude et très douce :

" Je trouve très douloureux d'être à côté de la personne que l'on aime le plus au monde, et de se sentir aussi seule !"

Je m'effondrais et me mis instantanément à pleurer à chaudes larmes.