PENSÉES ODIEUSES

Je regarde l’ombre de ma tête se balancer,

Là, sur les marches froides.

Qu’est-ce qui peut bien la faire aussi ronde ?

Aussi particulièrement rythmique, vagabonde ?

 

C’est odieux comme la vie est brusque,

C’est aux dieux, qu’ils se pendent aux lustres.

Et rient à gorges empaillées,

De nous voir nous évaporer, nous dissiper.

 

Mes rêves m’attirent vers la dune,

Chaude et repoussante.

Et puisque mon corps est réel et bitume,

Plat et droit,

Ma bouche se lève tel un pont

Et soutient dans ses bras,

Tout l’or de Tout Ankh Amon.

 

Ce que je voudrais dire ne se dit pas.

Mais l’encre de mon bras avance et saigne,

Couleur indolore, mots inodores.

Va, vole, trotte, galope, saute, enjambe,

Suit le chemin fatalité, adresse indiquée,

Et ne t’arrête jamais avant de l’avoir trouvé,

Ne t’arrête jamais avant de l’avoir trouvé.

 

Mars 1995. ©

LA DERNIÈRE FOIS

Enfin, j’ai compris

Du temps, il m’aura fallu

Par des fautes et défi

Mon cœur s’est fendu.

 

J’effleure ma mémoire,

La même phrase qui revient

Comme une gifle en pleine poire

Dés le début, je connaissais la fin.

 

C’est la dernière fois que je dis je t’aime

A l’infinitif et sur tous les thèmes.

Et encore une fois que tu me comprennes

C’est définitif, pas de mais qui tienne !

 

Je suis fatiguée d’être un ange,

Une image qui s’enflamme.

Cette fatalité me dérange,

Je ne suis qu’une femme !

 

Des caresses en capitales

Tu fais fondre sur ma peau

Sur mon corps de femme fatale

Tu signes ton dernier mot!

 

C’est la dernière fois que je dis je t’aime

Plus de baisers fous, de promesses vaines

De ces amours là, ce n’est plus la peine

C’est définitif, je joue plus cette scène !

 

Que de foutaises, de fantaisies

 J’aurais plus de chance au Loto !

Tu dévastes mon cœur, tu t’enfuis

Et tu me quittes avec un texto !

 

Je ne savais pas que sonnait déjà

L’heure de mes funérailles.

Peut-être que ? c’est bien ça

J’avais cru à des fiançailles !

 

C’est la dernière fois que je dis je t’aime

C’est ma symphonie, c’est mon requiem.

Et pour que bleues, rouges soient mes veines

C’est définitif, il faut que tu reviennes !

 

Février 2012. ©

JOURS DE PLEURS

Aujourd’hui, jour de pleurs.

Larmes de vent ou gouttes de sang ?

Rouge arc en ciel ou baisers de miel ?

Mon corps ruisselle, mon corps s’emmêle,

Je fond d’amour, je feint de vivre.

 

Comme le fleuve, je me jette à la source

Et retourne au silence originel.

Comme le monde, je tourne à l’envers

Et scrute l’univers.

Comme l’amour, je ne suis qu’utopie

Et m’enivre de charnel.

 

Je cours, je m’essouffle,

Mais mon cœur immobile

Sait que c’est inutile !

Je me bat, je m’élance,

Mais mon corps meurtri

Sait que c’est fini !

J’imagine, je délire,

Mais mon âme sauvage

Sait que c’est le dernier voyage !

 

Aujourd’hui, c’est l’heure !

Des jours de pluie, des jours de pleurs.

 

Mai 2013. ©

MON SILENCE

Mon silence est rempli de toi.

Mon cœur qui bat, qui s’arrête

Qui s’effrite, te crie que

Mon silence est un vrai combat !

 

Mon silence ! Je me mords les doigts

En lisant tes mots ou sur une photo

Mais que pourrais je te dire, sinon que

Mon silence n’est pas ce que tu crois !

 

Mon silence ! mon bouclier, mon fier beffroi.

Entends tu sonner ma peine, mon désarroi ?

Entends tu qu’au delà des apparences

Mon silence est rempli de toi.

 

Mon silence ! Je sais que tu ne comprends pas.

Alors, souviens toi de mes mains, de mes sourires

Qui te chavire, du son de ma voix.

Écoute moi ! Et tu sauras alors que …

 

Mon silence est la plus belle Aria !

 

Juin 2013. ©