LA MUSIQUE DES MOTS

 

 

J'écris parce que j'aime raconter des histoires !

Déjà à l'école, j'étais fascinée par les romans que l'on devait étudier. J'étais la première à me proposer de lire à voix haute quelques passages, au grand étonnement de tous mes camarades de classe (sourire). Je me revois dans Les Révoltés de la Bounty, mimant le sabre de ma main libre et grimpant sur une table lorsque le capitaine William Bligh s'adressait aux marins ! Ou bien encore au milieu de la Révolution française dans Les Mémoires d'outre-tombe de Chateaubriand. Je lisais tout ce qui me tombait sous la main, romans, poésie, essais, biographie... Quand je lisais, je n'étais plus là !

Portée par ce sentiment, j'ai alors décidé de finir le roman que j'avais commencé quelques années plus tôt : La Louve. Une histoire à la croisée des chemins entre Le Messie Récalcitrant De Richard Bach et Kafka sur le rivage de Murakami. Je l'ai ressorti des cartons et remanié il y a quelques temps, et espère qu'un jour, d'autres personnes pourront le lire.

L'écriture est pour moi similaire à la composition musicale !

Je suis dans le même d'état d'esprit lorsque j'écris et lorsque je compose. Dans le premier cas, je me laisse envahir par les sentiments du personnage et les transcrit sur du papier... dans le second cas, je suis "canal" et reçois les sons désordonnés pour ensuite les harmoniser. Que je raconte une histoire en musique ou avec des mots, cela reste une histoire humaine, une histoire d'émotions, de sentiments mais aussi de rebondissements et de changements.

Le seul désavantage pour moi est que je ne peux pas écrire en écoutant de la musique !

J'ai besoin, comme en musique, de m'adapter à la forme des sentiments !

Quelquefois, je suis plus à l'aise avec les poèmes ou bien encore les haïkus, forme de prédilection pour moi ! Comme les sentiments, mes écrits peuvent être amples et détaillés ou bien brefs et intenses. D'autres fois, le texte se plie au refrain d'une chanson qui revient comme une ritournelle. Je ne cherche rien lorsque j'écris, je m'oublie pour un instant et devient la messagère....

Le tragique m'intéresse par son aspect comique. En travaillant les extrêmes, j'essaie d'atteindre le Milieu !

On me dit souvent que ce que j'écris est triste ou douloureux. La vie n'est t'elle pas une succession de moments de bonheur heurtée par de périodes de souffrance et d'errance ? Ces choix que nous faisons constamment pour passer de l'un à l'autre de ces états sont, pour moi, une source inépuisable d'inspiration ! J'essaie de transcrire ces passages de la vie, mais aussi les doutes, les questionnements, les erreurs et les victoires. Mais, mes écrits parlent surtout d'amour ! Quoi de plus tragique et extrême que ce sentiment ? Mais c'est le seul qui nous conduit tout droit à la voie du milieu !

J'écris pour ne pas oublier !

.... et ne pas être oubliée. Les souvenirs, bien vite, deviennent flous et fuyants. Les détails s'estompent, les odeurs fânent et les couleurs ternissent ; c'est une autre histoire !  En relisant toutes ces histoires, le son de la voix de l'être aimé ou encore la lumière particulière de ce jour-là me reviennent et je fais alors un voyage dans le temps. Comme la musique, les belles histoires sont intemporelles et si la mémoire fait souvent défaut, le coeur lui se rappelle de tout !